jeudi 5 avril 2018

LAURENT LEFEUVRE parle de FOX-BOY: J'essaie de réaliser la BD que j'aimerais lire




"C'est intéressant, je crois, de montrer un personnage qui nous ressemble de ce côté-là. Superman ne m'a jamais intéressé parce que c'est un Boy-scout avec des pouvoirs de dieu. Par contre, les personnages avec des failles me ressemblent, et m'intéressent." (Laurent Lefeuvre)



INTERVIEW DE LAURENT LEFEUVRE

Bonjour LAURENT LEFEUVRE, merci d’avoir accepté de répondre à cette interview sur votre personnage étonnant FOX-BOY.

Avec plaisir !



Vous avez choisi un ado, Pol, comme héros, dans quel but exactement ?

Parce que l'adolescence est une période intéressante. On n'est ni enfant, ni adulte. On ne se reconnaît ni dans les premiers, ni dans les suivants, qu'on trouve tous débiles (en gros).

Et ce passage colle bien à un personnage en pleine transformation. Comme une chenille pas encore devenue papillon. Une chrysalide. Qu'en sortira-t-il ? C'est ce que la série propose de découvrir.
Et puis l'ado est aussi un classique des super-héros, de Peter Parker à Kick-Ass. C'est aussi l'âge qu'il faut pour lire des comics.

Cet ado, dès le départ, n’est pas disons très sympa. Il vit un changement en devenant FOX-BOY, est-ce un clin d’œil à la fameuse phrase de Ben Parker, l’oncle de Peter, qui lui a dit quelque chose comme : « de grands pouvoirs donnent de grandes responsabilités » ?

Oui et non : On pense évidemment à Spider-Man quand on réalise Fox-Boy. Mais lui se croit débarrassé de toute responsabilité, car il n'y a pas de super-méchant dans son univers (qui est aussi le nôtre). Or, l'ennemi se cache parfois à l'intérieur de soi-même. Un indice pour l'adulte qu'il doit devenir un jour.

Notez que si je suis imprécis dans ma citation, vous par contre, vous n’en manquez pas de citations dans vos deux premiers tomes de FOX-BOY, et de diverses sources, même dans vos dessins vous n’hésitez pas à certains rappelles d’où viennent les comics. Est-ce important tout cela  ces références, ces hommages, ces racines ?

Les comics que je lisais il y a bientôt 30 ans regorgeaient de citations et verbatims à la première page. J'aime ça, quand c'est approprié. Ça rappelle qu'il faut lire l'histoire en se rappelant qu'on n'invente jamais complètement les choses. Il y a toujours de grands thèmes évoqués dans la Mythologie, les classiques, que ce soit dans un film, une chanson, ou un conte.


Pour revenir au changement que subit Pol, et qu’il va rencontrer encore, vu la folie du deuxième tome, voulez-vous interpeller les lecteurs ? Est-ce un message qui s’adresse à chacun où vous visez particulièrement les jeunes ?

On évolue tous. On a des qualités, des défauts, qui peuvent s'exprimer tour à tour au sein parfois d'une seule et même journée. C'est intéressant, je crois, de montrer un personnage qui nous ressemble de ce côté-là. Superman ne m'a jamais intéressé parce que c'est un Boy-scout avec des pouvoirs de dieu. Par contre, les personnages avec des failles me ressemblent, et m'intéressent. Je fais le pari que les lecteurs s'y trouveront aussi. Ceci dit, je l'ai particulièrement gratiné au début du tome 1 : Il est suffisant et raciste. Mais ça ne suffit pas à le définir. Il est plus que ça, et surtout, MIEUX que ça. Il le prouve par la suite.

Mais franchement, pensez-vous que le fait de recevoir un tel pouvoir puisse changer radicalement une personne ? Ne faut-il pas autre chose de plus profond encore ?

Pas forcément ! Quand on est ado, il suffit parfois d'être intégré dans un groupe de personnes un peu « hype » pour ne plus se sentir. Alors quand on est fan de comics et qu'on peut du jour au lendemain se prendre pour Spider-Man... ça peut être grisant !


Sur quoi vous-êtes vous basé pour que Pol vive un tel changement… une telle conversion ?

Sans doute le fait que je suis estomaqué de voir combien des idées aussi stupidement crasses comme celles défendues par l'extrême droite, semblent aujourd'hui trouver écho chez la jeunesse.
En réalisant ce tome 1, des élections législatives ont placé ce parti, comme premier des jeunes en France. Atterrant ! Comment ne pas intégrer ceci dans mon histoire, quand on prétend parler du monde réel, et des ados ?

Il y a une question qui me tarabuste. Pourquoi avez-vous choisi que Pol « devienne le personnage » qu’il a lu enfant ?

Ça, pour le savoir, il faudra au moins attendre le tome 4 de Fox-Boy, car tout à une raison !

Et concernant le costume de FOX-BOY, quels sont les retours des lecteurs ?
Le trouvez-vous joli ? Moi franchement, je vous avoue que non à première vue, mais il est en fait magnifique… pourquoi cette impression ? L’avez-vous trouvée chez d’autres lecteurs ? Et vous-même ?

Je suis né en 1977, et je suis marqué par ce qu'on appelle l'âge de Bronze (années 70/80) en matière de comics. De même, Pol est marqué, non pas par Walking Dead ou Batman, mais par les BD que lisait son père, qui est lui-même une légende à ses yeux. Du coup, ses goûts vont plus vers Dents de Sabre version 70's ou l'ancien costume de Wolverine. Et puis Pol n'est pas styliste ! Je suis toujours gêné quand un ado se bricole un costume de folie dans sa chambre, dans les films. Pas crédible.


Laissons le costume et revenons à l’histoire de FOX-BOY qui est un personnage fort attachant. Il n’est pas facile d’introduire dans l’univers des comics un nouveau personnage, qui en plus s’invite comme un ami et peut encore nous surprendre. Quel est votre secret ?

J'essaie de réaliser la BD que j'aimerais lire. Je suis un peu comme Pol : Solitaire, complexe, lunatique, et surtout plein d'imaginaire et d'idées. J'essaie de me connaître et d'en tirer parti.

Votre écriture est un style particulier qui donne envie de lire, de découvrir.
J’y ai remarqué un soucis de coller à l’actualité, aux problèmes réels de notre société et de façon directe (affiche politique inquiétante…), mais aussi de manière fine et intelligente, comme le racisme, cette plaie. Êtes-vous un artiste qui vous sentez responsable : « savoir raconter, écrire, dessiner des histoires, est-ce que cela donne de grandes responsabilités »  ?

C'est gênant de répondre oui, car ça doit donner une image un peu auto-satisfaite, mais le fait est que j'estime que les lecteurs doivent avoir TOUT ce qu'il est possible de leur apporter. En clair, ne pas être avare de son art, et être sincère dans sa façon de le réaliser.

En vous lisant, j’ai eu quand même cette impression : les méchants sont toujours d’extrême droite. Doit-on voir un engagement politique de votre part au sein des histoires de FOX-BOY ? Je pense aux affiches qu’on peut lire, aux allemands de la deuxième guerre forcément très cruels, au nazis citez dans une liste de monstres et potentiels dangers...

C'est un contrepied logique de qui il est au départ. Et puis dire que les nazis sont cruels n'est pas une opinion, c'est un fait ! Je vis dans un quartier où chaque rue porte le nom d'un jeune résistant fusillé.
Les décomptes entre l'année de naissance et celle de la mort n'est pas une fiction.
Il ne faut pas être naïf là-dessus. Et puis il y a méchant et méchant. Je ne renvoie pas dos à dos Stevan, le petit con qui accompagne Pol au début de la série (et qu'il largue d'ailleurs assez vite), et des nazins, qui sont là le temps de 3 images (et de mourir, d'ailleurs). Ce n'est pas ma grille de lecture en tout cas.

Et il y a aussi par opposition (?) l’apparition d’un Charlie Hebdo ??? Hommage ?

Surtout de la logique : J'inscris mon personnage dans notre réalité (pas celle de Marvel, ou plus fantasque encore, celle de DC, avec ses villes fictives). Du coup, l'histoire se passant en février 2015, un petit mois après les attentats de Charlie, il faut se souvenir que ces auto-collants étaient encore sur toutes les vitrines des magasins.

Avec l'équipe de Quai des Bulles aujourd'hui. Difficile d'être légers et de bosser sur la programmation du festival 2015. 

Enfin quelque chose qui m’a un peu attristé, vous ne semblez non plus pas apprécier le christianisme. J’exagère ?

Pas du tout ! Je suis baptisé, et me suis marié à l'Église ! Après, ma foi (ou non-foi) est ma pudeur, comme le dit très bien le philosophe Michel Serre. Il ne faut pas trop chercher de messages chez moi, j'aime bien m'effacer derrière mes histoires. Et puis je n'aime pas les moralistes, alors je n'ai pas envie d'être un « auteur à thèses ». C'est avant tout de la distraction, avec un arrière-plan qui se veut plus réaliste que le moyenne des productions Américaines.

Pourquoi avoir choisi la Bretagne, l’Auvergne («  … au mieux je me sentais comme un petit Daredevil rennais » Fox-Boy) et non pas Paris, la grande capitale, pour ces premières aventures de FOX-BOY, ce que vous appelez, « Le cycle des origines » ?

Parce que c'est tout bonnement là où je suis né, et où je vis, pardi !
Pas d'ethnocentrisme chez moi non plus ! Et puis il me semble que si cette histoire se passait à Paris (peut-être un jour, pourquoi pas?), personne ne releverait la ville où ce passe Fox-Boy. Mais c'est un choix de se dire qu'il y a plus en commun entre Fox-Boy et le lecteur français lambda, quelle que soit la ville ou village où il vit... qu'avec New-York ou Gotham.

Pol est un français qui vit seul avec sa mère, son père étant décédé… est-ce important pour vous que Pol connaisse cette situation ? Ne pouvait-il pas vivre dans une famille sans histoires dramatiques, avec un papa, une maman des frères et sœurs ?

Il y a pas mal de raisons à ça, notamment pour isoler le personnage dans sa tête, et qu'il soit plus crédible qu'il ait une double-vie, alors que ce serait plus dur avec une smala autour de lui. Il n'est pas malheureux pour autant, et le familles mono-parentales, quelles qu'en soient les raisons, font partie de la réalité au même titre que les familles avec 4 enfants. Et puis tout bonnement, c'est plus simple à dessiner. Quant au père disparu, il y a une véritable raison à ce choix, qui n'est pas encore abordé pour le moment.

Pol reçoit ses pouvoir d’un sorcier, pourquoi ? Y a-t-il comme un clin d’œil au jeune Billy Batson qui reçoit lui aussi ses pouvoir d’un sorcier dans le mythique comics SHAZAM ?

Pas du tout. Je n'ai jamais lu SHAZAM, et j'avoue que le personnage ne m'attire pas. Disons que la magie fait partie de notre (nos) cultures européennes, bien plus que la science. Du sorcier qui guérit les verrues, passe le feu, ou soulage les dents, jusqu'à l'esprit surréaliste de nos poètes, il y a une âme plus magique en Europe, en France et surtout en Bretagne qui échappe beaucoup aux auteurs Américains. Même chez Docteur Strange dont les dimensions magiques se réfèrent plus à la Science (Théorie des cordes, plans multidimensionnels), qu'au shamanisme (comme le faisait par exemple Mœbius).


Stoppons la machine, si vous le voulez-bien LAURENT LEFEUVRE et revenons à la conception de FOX-BOY. Ici je partage avec vous mon impression sur votre superbe bande dessinée.

FOX-BOY est tout aussi classique que nouveau, voir même original. Il n’est pas le premier super-héros français. Je pense particulièrement aux personnages du grand Jean-Yves Mitton (Mikros, Le Garde Républicain, l’Archer Blanc, la Fantasc Force...). Mais FOX-BOY a quelque chose de totalement propre, il est unique en fait. Je vois juste ?
Mais LAURENT LEFEUVRE, approfondissons comment ce petit personnage qui n’a pas un costume de ouf, nous devient plus qu’évident, plus qu’attachant (on en a déjà touché mot), très beau et très moderne en restant classique ? Vous êtes un sorcier ??????

Il y a quelque chose de magique dans le dessin, et à inventer des histoires. Alors quelque part, je suis forcément un peu en rapport avec la magie.

FOX-BOY vu par Eric Van Elselande




D’ailleurs tout ce que vous touchez prend comme une vie propre, à la façon d’un Mike Allred (Madman, X Force, I Zombie) ou d’un Bill Sienkiewicz (The New Mutant, Elektra, Daredevil...).

J’ai pu d’ailleurs admirer quelques personnages de DC que vous dessinez pour un ouvrage qui devrait paraître, c’est bien cela ? Mais quelle puissance et quelle force dans ces dessins, mangez-vous du lion au petit déjeuner ?

Sincèrement, on est loin du compte des gens que vous citez, mais je compte bien progresser.

Si je vous dis que votre style se rapproche par moment sensiblement de celui du grand Gene Colan (Tomb of Dracula, Dr Strange, Batman), qu’en dites-vous ?

Que je suis fan de Gene Colan depuis l'enfance. 

GENE COLAN

LAURENT LEFEUVRE dite-nous tous, crachez la vérité : est-ce bien vous qui avez inventé le Renard-Garou ?

Ma foi, si quelqu'un l'a inventé avant moi, ce serait idiot de ma part d'avoir copié cette idée.


Pour qu’un lecteur non habitué aux comics, voir à la bédé de SF ou fantastique (voir d’horreur), puisse entrer dans l’univers de FOX-BOY, lui faut-il lire une encyclopédie de la bédé (et pas seulement tant vous avez de la culture à revendre) pour vraiment bien apprécier FOX-BOY ?

J'espère que non, car sinon, ça voudrait dire que je ne m'adresse qu'à des gens comme moi, nostalgique ou du moins lecteur de comics. Ce n'est pas mon but J'aime quand des gens me disent que les comics leur tombent des mains... mais qu'ils ont apprécié Foxy.

En parlant de culture, la musique y a une place importante, avec conseille d’écoute en plus (vous me faites penser à l’écrivain Sire Cédric). Pourquoi cette place de la musique ?

Parce que je travaille continuellement, presque maladivement, en musique. Alors revoir mes planches me remettent immédiatement dans l'état d'esprit, la transe, dans laquelle je l'ai réalisée. Donc la musique comme moyen d'accéder au monde de mes personnages, comme le peyotl du sorcier à celui des esprits. Quand je vous dis que je suis un peu sorcier !




Alors LAURENT LEFEUVRE, nous allons apprendre à mieux connaître vos goûts :

- Qu’écoutez-vous comme musique actuellement ? The National

- Quel est votre livre de chevet ces jours ? Une pile de comics en retard, et une biographie de Will Eisner.

- Lisez-vous des comics régulièrement ? Je les relis. Presque que mes mêmes vieux comics. Je ne lis quasiment rien de neuf. Ça ne me parle pas. Ni les thèmes, ni le dessin.

- Quel genre de cinéma aimez-vous ? Le bon ! Quel que soit le genre. De la comédie romantique au film d'action ou drame social. J'aime le Western, et le fantastique.

Qui est le grand patron de la bande dessinée ? C'est une drôle d'usine dirigée par un paquet de patrons. Pas un seul. Mon héros reste Will Eisner.

Retour à FOX-BOY. Êtes-vous entièrement satisfait des jaquettes des tomes 1 et 2 ?

Pourquoi ? Pas vous ?

(Oh que oui, mais mon avis ici ne compte pas, maître)



Est-ce compliqué de choisir une jaquette ?

Non. C'est même le plus fun !



Voilà deux tomes sortis, un troisième annoncé. Avez-vous prévu un nombre limité d’histoire de FOX-BOY ou êtes-vous prolifique et infatigable comme Robert Kirkman (Invincible, Walking Dead) , voir même le grand Jack Kirby (Fantastic Four, The Demon, New Gods, Myster Miracle, Kamandy...)?

Je ne suis pas aussi bon, rapide, que ceux cités. Mais surtout : je bosse SEUL !

Scanario + dessin + encrage + encrage + couleurs + lettrage + habillage graphique + promo.

Comment voyez-vous l’avenir de FOX-BOY ?

Aucune idée. Ça dépendra des lecteurs, pas de moi. Enfin si un peu quand même !
Disons que j'ai à peine commencé à raconter tout ce que j'ai à dire, mais pour continuer, il faut que les gens me suivent.

Qu’est-ce ce que le ROAyaume?

Mon petit univers de Marvel à moi. Mon Neverland. Je suis jaloux de cet immense bac à sable dont disposent les auteurs de ces grands univers, mais je veux gader mon indépendance. Alors pas le choix : il faut tout faire tout seul. Du moins pour le moment. Peut-être plus tard pourrais-je me permettre d'avoir de l'aide.


Vous avez fondé une édition propre, LE RENARD, pour quelle(s) raison(s) ?

Ce ne sont pas des éditions, mais un label. Comme une marque à l'intérieur d'autres marques (Delcourt et autres). Je ne me trompe pas de métier. Je suis auteur, pas éditeur. Mais je veux marquer mes créations d'un sceau, le mien.

Vos lecteurs arriveront-ils à suivre vos projets, sachant que tous les lecteurs de comics, lisent déjà pas mal de séries ?

Si je suis bon, ils me suivront. Sinon, je ferai autre chose. Je l'ai déjà fait, je recommencerai au besoin. Tout ceci n'est jamais que de la BD.

N’avez-vous pas peur de la saturation ? Et en même temps que pensez-vous de ce que m’a écrit Jean-Yves Mitton : « Qu’importe si le monde de la bande dessinée est encombré, la qualité passera toujours » (citation de tête).

Peur, non. D'autres choses me font peur, pas l'état du marché de la BD. Ceci dit, je produis assez peu, au final. Je suis un artisan. Je travaille beaucoup, mais j'essaie de soigner tout ce que je fais.

Quel est votre super-héros préféré ?

Daredevil.


Votre firme américaine ?

Marvel. De l'époque où ils faisaient des bande dessinées.

Que dites-vous à ceux qui refusent de lire des bandes dessinées de super-héros, pour la raison « que des surhommes aussi parfaits n’existent pas, que c’est agaçant à la fin » ?

Qu'à la fois ils ont raison. Mais qu'ils n'ont sans doute pas lu les histoires qui leur plairaient.

Quel est votre plus grand désir LAURENT LEFEUVRE ?

À titre professionnel ? Je travaille et gagne ma vie grâce à ma passion. J'estime donc être déjà un privilégié.

Qu’aimez-vous dans la vie ?

Les gens autour de moi (famille, amis...), les passionnés que je rencontre ici et là et qui m'aident à vivre cette passion. C'est déjà pas mal.

Que n’aimez-vous pas ?

Trop long, et surtout trop perso ! Je vous l'ai dit plus haut, je ne ressens pas le besoin qu'on connaisse mes opinions, elles ne sont pas plus intéressantes que celles d'un autre. Et puis vous savez ce qu'on dit des opinions...



Pour terminer, voici une liste de noms, vous devez, si vous le voulez-bien, dire ce que vous en pensez en deux mots :

Bill Sienkiewicz Génie et Génie.

Alan Moore Voir ci-dessus.

Mike Allred Pas lu (sincèrement!)

Gene Colan Vertigineux, ténébreux

Stan Lee Filou Génial

Bob kane Escroc (un mot suffira pour lui).

Moebius Hergé et Franquin.

Hergé Zen Enfance

Frank Zappa Chaos génial

Mademoiselle K Connais pas.

Pink Floyd Fondamental Psyché.

Berruriers Noirs Énergie éthique

Manu (Emmanuel Monet) Connais pas.

Béatrice Dalle Talent Fantasme

Christopher Lee Dracula Gentleman

Jack Nicholson  Coucou, Shinning

Jean Cocteau Libre Génie

Michael Myers Mad Movies

Zorro Batman Horizontal

Merci pour votre amabilité et votre patience. C’est à vous de conclure LAURENT LEFEUVRE, vous écrivez ce que vous voulez...

Merci de vous intéresser à ce que je fais. Bonjour à ceux qui liront.

Nouvel essai, sans fil, cette fois. Je la kiffe, cette photo ! (Laurent Lefeuvre)


Liens:

overblog: http://laurentlefeuvre.over-blog.com/article-fox-boy-des-jeux-pour-la-plage-118757094.html

Facebook: https://www.facebook.com/LeFoxBoy

 Laurent Lefeuvre en dédicace

Les amis, je me permets d'ajouter ceci: "C'est que je l'aime ce FOX-BOY, finalement" 

Ichigo Samuru

jeudi 14 décembre 2017

EMMANUELLE OLGUIN. Julie est dans un livre documentaire sur les volcans.


"Je n'aime pas la violence. Je préfère rêver à un monde meilleur." 



INTERVIEW DE EMMANUELLE OLGUIN

1. Bonjour, Emmanuelle Olguin, merci de prendre de votre temps pour répondre aux quelques questions de BAZAR COMICS. La première est toute simple, d’où vous vient ce désir d’être auteure : scénariste et dessinatrice ?

Bonjour. Le goût pour le dessin me vient de mon enfance. J'ai toujours aimé dessiner. De plus, j'ai toujours aimé me raconter des histoires. Ma 1ère BD, je l'ai faite quand j'avais une dizaine d'années, jamais terminée. C'était déjà les personnages de Julie et Beau Prince. D'ailleurs, je m'étais fabriqué un cheval de bois que j'avais appelé Beau Prince et j'en avais fabriqué d'autres pour mes frères, ma sœur et mes amis.

Ma première planche de BD

2. A ce que j’ai pu voir, vous avez donc déjà écrit et dessiné deux aventures de Julie et Beau Prince ?

- Comment travaillez-vous ?
Je procède par étape.
La première, c'est d'écrire le scénario pour avoir une histoire qui se tient. Dans le cas du premier tome, "L'île de l'Oiseau de feu", j'ai tout inventé. Dans le cas du 2ème tome, "Entre les pages des Volcans", je me suis bien documentée avant : j'ai lu pas mal de contes et légendes ainsi que des documentaires sur les volcans.
Deuxième étape, je fais le story board, c'est à dire toutes mes pages en qualité brouillon, que je relis plusieurs fois et que je fais relire à mon entourage.
Dernière étape, je fais les planches définitives : d'abord le crayonné grossier, puis le crayonné fin, puis l'encrage et enfin la peinture, à la gouache, en commençant toujours par le fond et en finissant par les personnages. Il me faut environ une vingtaine de jours pour faire une page.

- Connaissez-vous l’épreuve de la page blanche ?
Non. J'ai beaucoup plus d'idées que de temps pour les réaliser. Et les idées me viennent lorsque je fais autre chose : lorsque je fais du jogging, du vélo, du repassage ou lorsque je suis dans ma voiture par exemple. Je travaille en ce moment sur le 3ème tome (fin prévue courant 2020) et le scénario du 4ème tome est fait, écrit par mon 2ème fils, Olivier. J'ai aussi des idées pour faire une BD humoristique mais je ne sais pas si j'aurai le temps de la faire un jour.

- Où travaillez-vous ?
Chez moi, le mercredi et le week-end.

- Aimez-vous vous votre travail et en vivez-vous ?
Créer des BD est un loisir pour moi, que je fais pendant mon temps libre. Je suis amateure et autodidacte. Je n'en vis pas. Je travaille comme comptable à temps partiel pour vivre.


3. Que pouvez-vous nous dire sur la première BD : L'ÎLE DE L'OISEAU DE FEU ?
La maman de Julie est gravement malade. Julie décide d'aller dans un livre de contes de fées chercher un remède magique "le nectar de la fleur de merveille" pour la guérir. Elle n'a que 3 jours pour réussir et doit faire preuve d'astuce et de générosité. C'est dans ce 1er tome qu'elle se découvre le pouvoir de rentrer dans les livres et qu'elle découvre que son cheval de bois Beau Prince devient un vrai cheval lorsqu'il l'accompagne.

4. Qualifieriez-vous votre style de dessin comme « ligne claire » ?
Non, je ne crois pas.

5. Vos bandes dessinées s’adressent aux enfants, pourquoi ce choix ?
Les enfants sont un public formidable. Ils sont tellement spontanés. Et lorsqu'ils aiment un livre, ils vont le lire 5, 10, 20 fois sans se lasser.

6. Parlez-nous un peu de Julie, y a-t-il un peu de vous dans cette petite aventurière ?
Peut-être, oui. Lorsque j'étais petite, j'avais un cheval de bois qui s'appelait Beau Prince. Et puis, Julie est généreuse et a beaucoup d'imagination, comme moi.

7. Et Beau Prince ? Mon fils m’a fait la remarque qu’il ressemblait au cheval de Yakari.
C'est marrant ça. Mon père trouvait qu'il ressemblait plutôt à Jolly Jumper, le cheval de Lucky Luke.


8. Pour « ENTRE LES PAGES DES VOLCANS » comment vous est venue l’idée d’écrire cette histoire ?
Après avoir terminé "L'île de l'Oiseau de feu", j'avais envie que Julie visite un livre documentaire. Un livre sur les volcans, avec une coulée de lave qui emporte la porte magique, ça s'y prêtait bien.

9. Est-ce que le concept aventure et découverte ou enseignement, vous allez le continuer  ou envisagez-vous d’autres aventures pour Julie et Beau Prince ?
Le 3ème tome, ce sera aussi un peu documentaire (sur les dinosaures) mais davantage fiction. Le 4ème tome (sur les pirates) sera encore plus fiction. J'aime varier.

10. Pensez-vous que la bande dessinée puisse faire passer un message durable ?
La bande dessinée est un art. Elle peut donc servir de support à n'importe quel message.

11. Est-ce son but en fait ? N’est-ce pas plutôt le but de distraire ?
Les deux. Elle peut divertir, créer de l'émotion, faire passer un message.

12. Avez-vous des retours concernant les aventures et découvertes de Julie ?
Oui, comme je le disais plus haut, certains enfants ont aimé et ont lu et relu plusieurs fois les BD, ce qui m'a fait très plaisir. Il y en a même qui m'ont dit attendre avec impatience les 3e et 4e tomes.

13. Comment voyez-vous Julie évoluer dans l’avenir ? Va-t-elle éternellement rester une petite fille ?
Oui. Je n'ai pas l'intention de la faire grandir. Cela lui ferait perdre de la magie.

Extrait de "L'île de l'oiseau de feu"

14. J’ai lu ceci concernant « L’île de l’oiseau de feu » : Poésie, amitié, imagination, gentillesse, beauté des sentiments... sont au rendez-vous... et plus haut : pas de méchants. Est-ce important pour vous de raconter des histoires sans violence ?
Je n'aime pas la violence. Je préfère rêver à un monde meilleur.

Extrait de "Entre les pages des volcans"

15. Je ne veux pas faire de spoiler, mais, les légendes, comme celle du colibri, que les lecteurs découvriront, sont-elles pour vous importantes ? Si oui, pour quelle raison ?
Elles vont bien dans l'histoire. La légende du colibri permet de présenter le personnage qui sera le guide de Julie dans la première partie du livre.

16. Pourquoi parlez-vous des dieux et déesses et non du Créateur dans votre histoire ?
Julie est dans un livre documentaire sur les volcans. Or, dans ce genre de livres, ce sont plutôt des dieux et des déesses qu'on trouve, aux côtés des sciences. Et puis les mythologies du monde entier sont très riches en histoires.

17. On va parler de deux de ces personnages de légende : en quelques mots que diriez-vous sur la déesse Pelée et sur Neige ?
La déesse Pelée est la célèbre déesse hawaïenne du feu. Neige est l'un des personnages d'une légende canadienne qui tente d'expliquer l'origine des éléments (soleil, vent, volcan, arc-en-ciel, neige) et du rythme des saisons.

18. L’origine de l’Arc-en-Ciel est plutôt surprenante.
Je n'ai pas inventée cette légende, elle existe vraiment. Je l'ai juste utilisée pour les besoins de mon histoire.

19. Beau Prince est un personnage touchant, comment vous est venu à l’idée de créer ce personnage ?
Je vous l'ai dit plus haut. Il vient de mon enfance.

20 . Est-ce important d’écrire pour une cause et de sensibiliser les enfants ?
Je ne sais pas. J'écris aussi pour me faire plaisir. Tant mieux si ça plaît aussi aux enfants et si ça peut leur apporter quelque-chose.

21. La présence de l’Arc-en-Ciel comme porte me fait penser aux Bisounours, est-ce que l’idée vient de là, ou vraiment de la légende ?
Je ne connais pas les Bisounours. L'arc-en-ciel vient de la légende mais ce n'est pas lui la porte. Il est plutôt le chemin qui permet de s'approcher de la porte.

22. C’est aussi la théorie du Nouvel Age, le saviez-vous ?
Non

23. Il est étonnant que cet Arc-en-Ciel qui pourtant est un symbole précis se retrouve partout où chacun l’exprime comme il le perçoit, vous le percevez donc ainsi, comme une porte ?
Dans mon histoire, l'Arc-en-ciel n'est pas la porte mais le chemin qui mène à la porte.



24. Emmanuelle Olguin, que lisez-vous ces jours ?
Des BD et des contes.

25. Quel(le) est l’auteur(e) à ne pas manquer en :

- Bande dessinée :

«- Littérature :

26 . Quel film vous a le plus marqué ?

- Le film incontournable ?

- Le réalisateur ou la réalisatrice ?

- L’acteur ou l’actrice ?

27. Qu’écoutez-vous en ce moment ?

28. Quels sont vos goûts musicaux ?

- l’album incontournable ?

- Le (la) chanteur (teuse) ?

- Le (la) musicien(ne) ?

Si vous le permettez, je vais répondre à toutes ces questions en une seule fois. Je n'ai pas vraiment de goûts précis. J'aime les histoires soit amusantes, soit émouvantes (ou les deux). Pour moi l'art est à la fois quelque-chose de beau et capable de créer de l'émotion.
En vrac, je vais vous donner quelques noms d'œuvres et/ou d'auteurs que j'aime bien, dans divers domaines :
Œuvres : Astérix, Yakari, Blake et Mortimer, Louca, les Schtroumfs (BD), Avatar, Les Intouchables, les Choristes, les Visiteurs, la Mélodie du Bonheur (Cinéma)
Artistes : Isabelle Dethan (BD), Isabelle Allende, Victor Hugo (écrivains), Lydie Godbillon, Salvador Dali (peintres), Ennio Morricone, Jean-Jacques Goldman (musiciens).



JEAN-JACQUES GOLDMAN

29. Quel est votre plus grand désir ?

Dans le domaine de la BD : que les enfants aiment mes BD et qu'ils en redemandent.
Pour le reste, c'est personnel.

30. Qu’est-ce que vous aimez ?

L'art, la nature, le sport, la famille

31. Qu’est-ce que vous n’aimez pas ?

La violence, la jalousie, l'hypocrisie.

32. Le petit jeu qui termine notre interview. Tous les artistes doivent y participer. Alors en deux mots ;

Julie : mon héroïne préférée

Hergé : Tintin et Milou

Angoulème : le festival de la BD

Les femmes dans la bande dessinée : encore peu représentées

La bande dessinée en France : toute une culture



Notre interview est terminée, vous pouvez conclure. Dites ce que vous voulez. Et merci encore pour votre gentillesse.

Je suis ravie de m'être lancée dans cette aventure, celle de créer des bandes dessinées.
Complètement autodidacte, j'ai quand même eu la chance de rencontrer des dessinateurs de BD professionnels qui m'ont donné quelques conseils.
J'ai surmonté la déception de n'avoir pas trouvé d'éditeur. Pour le 1er tome, je suis passée par un site d'autoédition en ligne (thebookedition.com) et pour le 2ème tome, je me suis "professionnalisée", en allant chercher les conseils d'un éditeur pour l'impression, la commercialisation et la promotion de mon livre. J'ai aussi créé un site internet dans lequel je présente mes BD et les différents aspects de mon projet : https://www.cobeditions-jeunesse.fr/ 

L'important, c'est, d'abord, se faire plaisir, ensuite faire preuve de patience, de persévérance et ne pas se décourager. 


Ichigo Samuru

mardi 19 septembre 2017

FLORENT MAUDOUX: L’œil du tigre.

Interview de Florent Maudoux





Bonjour Florent Maudoux, tout d’abord, comment vous est venue l’idée d’être auteur ? Je rappelle juste ce qu’on m’a dit : « un auteur est scénariste et dessinateur » c’est exact n’est-ce pas ?

Alors celle-là on ne me l'avait jamais faite. D'habitude on me demande comment j'ai eu l'idée de Freaks. En fait on ne décide pas un jour de devenir auteur, on l'est au fond de soi, puis parfois la chance vous tombe dessus de réaliser votre rêve.


Est-ce le dessin ou le fait de raconter des histoires qui vous ont attiré le plus ?

C'est le fait de raconter des histoires avec des dessins qui me fait le plus vibrer.


Sur Label 619, j’ai vu votre travail déjà conséquent, mais une chose m’a surpris c’est ceci :

« Florent Maudoux croise la plume avec Ophélie Bruneau dans ce nouvel avatar de l’univers de Freaks’ Squeele ! C’est maintenant en roman que  l’auteur décline les aventures de ses superhéros déjantés »



Alors nous allons reprendre depuis le début :

Comment présenter Freak’s Squeele en quelques mots ?

C'est l'histoire de trois étudiants super-héros un peu loser qui se rendent compte que la fac dans laquelle ils se sont inscrit est une immense escroquerie.



Il existe une série de base et des histoires qui en découle, c’est bien cela ?

Oui, mais ces histoires peuvent se lire indépendamment. Elles ont toutes un début et surtout une fin. Je déteste les spin-off qui n'ont ni queue ni tête et qui ne peuvent se comprendre qu'à la lumière du matériau d'origine.

Comment lire votre œuvre avec le plus de profits ? Parce que si j’ai bien vu, il y a la série Freak’s Squeele en 7 tomes, il y a Freak’s Squeele Rouge en trois tomes, Masiko un one shot, Funérails 1 à 3, le Tome 1 du manga inédit de Chance, et le fameux roman.

Je recommanderais à tout lecteur de commencer là où il en a envie. En fonction du pitch ou de la couverture, voire du style de dessin puisque je ne suis que le scénariste de Rouge. Je suis d'ailleurs très content et fier que certaines personnes préfèrent Rouge à Freaks.

(Votre humilité vous honore)



Pourquoi avez-vous choisi deux éditions pour la série Freak’s Squeele, l’une en couleur, l’autre en NB ?

Je n'ai pas vraiment choisi mais plutôt subi l'édition couleur.

Quelles sont vos inspirations principales pour avoir créé cet univers ?

Voilà la question que tout le monde me pose. La réponse reste la même : la vie, l'actualité, les femmes.

Une école pour sur-doué, cela n’est pas trop du déjà vu ? Je pense à l’école de Xavier fort célèbre ou même dans certains manga japonais.

C'est pour ça que le pitch ne tourne justement pas autour d'une école de super-héros, mais une école de super-tocards. Au début je voulais même créer une école de super-vilains, mais je n'étais pas à l'aise avec l'idée que des jeunes puissent volontairement s'inscrire dans un tel établissement.



Quel est votre personnage préféré que vous avez créé ?

Aucun en particulier, je les aime tous du plus abjectement petit au plus lumineux. Ils n'existent pas les uns sans les autres.

Ces personnages sont-ils vivants pour vous ? Parce que pour un lecteur, ils le sont !

Oui, dès l'instant où les lecteurs leur donnent ce surplus de vie, les personnages de Freaks échappent à mon contrôle. C'est même le sujet sous-jacent de la série : à quel moment est-on vivant ou mort ? Comment devient-on le héros de sa propre histoire ?

Pouvez-vous nous parler des principaux personnages ?

Je ne ferais que paraphraser le contenu de Freaks. Et je ne peux pas résumer 14 tomes de BD en une phrase. L'avantage de développer des personnages sur autant de pages c'est qu'ils peuvent sortir de leur archétype.



Aimez-vous faire souffrir vos personnages ?

Non. Mais j'apprends à le faire plus souvent, parce que s'ils surmontent ces épreuves, ils en sortent grandit.

Comme je n’ai pas encore tout lu, je vous pose une question qui peut-être a la réponse dans votre œuvre. Pensez-vous qu’un de vos principaux personnages puisse mourir ?

C'est déjà arrivé. Je tiens aussi à préciser qu'il n'y a pas de résurrection dans Freaks. La Mort est quelque chose d'irrévocable. Comme... Dans la vraie Vie.



Vous donnez-vous des limites pour l’écriture de vos histoires ?

Oui, c'est normal et c'est saint de faire attention à ton général d'une série. D'ailleurs c'est pour ça que Freaks se décline en spin-off, ils ont tous une identité : afin de ne pas sortir du contrat passé avec le lecteur sur un titre. Une série c'est une affaire de confiance, je ne peux pas faire n'importe quoi sous prétexte que je suis le seul maître à bord. Trahir la confiance des gens c'est mauvais.



J’ai remarqué que Label 619, dans le peu que j’ai déjà pu lire, il y a quand même une certaine morale. Disons que vous dénoncez certaines dérives, par exemple dans HeartBreaker ou Janitor que j’ai lus dernièrement. Est-ce juste ?

Oui, on est des gentils garçons dans le Label. On est touchés par ce qui nous entoure et on défend des valeurs. Les œuvres sont importantes pour ceux qui les écrivent et ceux qui les lisent. Elles permettent de se mettre au clair avec ses propres démons. Boris Cyrulnik a écrit un beau livre sur la question : nous sommes responsables de ce que nous écrivons.

Attachez-vous une importance à apporter un message dans Freak’s Squeele comme vos camarades ?

Je m'inclus dans le Label, donc oui, il y a un sous-texte dans Freaks. Je me suis servi de ma déception face au système éducatif pour écrire sur le sujet. Le contrat implicite qu'il y a entre l'éducation nationale et l'élève qui aujourd'hui est complètement dévoyé. Nous payons une fortune pour subventionner des usines à chômeurs. C'est d'autant plus d'actualité que les bacheliers ont eu toutes les peines du monde à trouver une fac au début de l'été. Freaks a commencé en 2008 et presque dix ans plus tard le problème reste le même.


Il y a de l’humour dans Freak’s Squeele, est-ce important pour vous ?

Oui, parce que la Vie et la Mort c'est ça aussi. A la manière de Pratchett, j'aime beaucoup déconstruire les figures apocalyptiques comme le Faucheur, la Mort, le Diable. L'humour est un formidable moyen d'expression et j'ai une vie très drôle aussi. J'espère transmettre un peu de cette bonne humeur aux lecteurs.

Que voulez-vous que l’on retienne de Freaks’ Squeele, Florent Maudoux ?

Que c'est une œuvre honnête moins bête qu'elle en a l'air.



Nous n’allons pas aller trop loin dans votre œuvre, car il serait dommage de faire trop de spoiler. Les premiers lecteurs ont découvert votre univers et leurs aventures à la sortie de chaque volume alors il ne faudrait pas dégoûter les nouveaux (comme votre serviteur). Et nous avons déjà un résumé de chaque volume sur le site du Label 619 (voir le lien ci-dessous). Quel a été la réaction des premiers lecteurs de Freak’s Squeele ?

L'accueil a été très bon, très rapidement. Je suis peut-être arrivé sur le marché de la BD avec un format et un style qui étaient frais.

Êtes-vous sensible aux remarques des lecteurs et jusqu’à quel point peuvent-elles vous influencer ?

J'y suis sensible, après il est toujours difficile de savoir quel impact ça a réellement sur l'écriture. Mais c'est comme ça que le récit prend vie. D'ailleurs j'ai voulu faire un hommage aux lecteurs dans le dernier tome de Freaks.

Freak’s Squeele a été traduit en anglais. Avez-vous participé à la traduction, en êtes-vous content ?

Tu oublies de préciser que c'est une traduction pirate. Non je n'y ai pas participé, mais je suis très touché d'avoir fait l'attention d'un tel effort. Pour mon niveau d'anglais il me semble que c'est assez fidèle à l'original. Ceci dit, une version Anglaise officielle va voir le jour.

(Je ne savais pas pour la version pirate et je suis heureux pour l’officielle qui va sortir, bravo!)


Freak’s Squeele est classé dans Comics sur le site de Label 619 en manga sur Manga Fox, pourquoi ?

Je n'en sais pas plus que toi sur la question. Mon dessin et ma narration sont issus d'un mélange d'influences cinématographiques, BD et mangas. Pas étonnant que Freaks soit difficile à classifier.

Pour quels lecteurs avez-vous écrit Freak’s Squeele ?

Pour mes proches et ma femme en particulier, c'est aussi la BD que j'avais envie de lire. J'ai été étonné que le titre soit aussi adopté par les ados alors qu'il s'adressait à de jeunes adultes.

Y a-t-il des projets autour de Freak’s Squeele ?

Un livre de jeu de rôle va voir le jour. Pour le reste on verra.


Si quelqu’un venait et vous proposait un film comme ce fut le cas pour Valérian, quelle serait votre réaction ?

Ça dépend qui se propose de faire le film et avec quel argent. Je commence à mieux comprendre le milieu du cinéma et c'est avant tout une question de financement et d'influence.

Avez-vous vu le film « Valérian » ?

Non, mais si la question est de savoir si je participe au Besson bashing, alors non, j'ai bien aimé Lucy par exemple. Après je ne suis pas fan de tous ses films non plus, mais c'est quand même le gars qui a fait Léon.



Que pensez-vous des adaptations cinématographiques des comics ou des mangas papiers au cinéma ?

Ça dépend des titres, il y a des films plus ou moins réussis. J'ai bien aimé Watchmen, mais par exemple je préfère les versions manga de Nausicäa et Akira. Pour Mutafukaz c'est encore autre chose, comme j'ai participé au film c'est différent.
En général je préfère oublier le matériau d'origine pour aborder le film comme un nouvel objet culturel. Par exemple j'aime Dune le livre et le film de Lynch pour des raisons totalement différentes.

Quel est, pour vous, le film le plus réussi ?

C'est une question qui appelle une réponse subjective ou objective ?

(Ah c’était plutôt une réponse objective que j’attendais, mais ce n’est pas important)



Quelques mots sur Doggy Baggs 1 et 6 auxquels vous avez participé ?

J'ai aussi participé au 3 ainsi qu'au 13.
Les doggybags sont souvent vus comme des grosses rigolades. Mais comme toutes les BD 619, il y a pas mal de réflexion derrière.

Que lisez-vous ces jours Florent Maudoux en comics, en manga , en bande dessinée « Franco Belge »  ou autre?

Je ne fais pas de distingo entre les comics, manga et BD. Si je dois citer un titre : To your Eternity de Yoshitoki Oima.


Pour vous qui est LE maître absolu de la bande dessinée ?

Aucun auteur de BD n'a de maître, c'est le privilège de bosser dans un milieu qui doit se réinventer à chaque génération.

Pour vous quels sont les bédés (tous genres confondus) incontournables, celles qu’il faut lire une fois au moins.

Personne n'est obligé de lire quoi que ce soit. Si je cite des noms ça va induire un biais chez le lecteur qui va se sentir obligé d'aimer ou de détester en fonction de s'il a ou non aimé mon travail. Je ne veux porter préjudice à aucun de mes collègues, même à ceux qui sont morts.

Avez-vous lu Bandette ?

Non.

Votre auteur de bédé préféré ?

La réponse varie selon les périodes de ma vie. En ce moment j'aime bien Minetaro Mochizuki. Je trouve sa narration d'une élégance rare.

Votre musique ?

Creedance Clearwater Revival.



Votre écrivain ?

Alain Damasio.



Et votre cinéma ?

Celui des frères Coen.


Ce qui nous amène à poursuivre ce petit questionnaire, petite torture, eh eh eh, que tous les artistes doivent affronter, mais vous, vous aurez la dose, Florent, cela vous apprendra de nous renvoyer à l’école. En deux mot que pouvez-vous dire sur :

Je n'ai pas envie de répondre à ce jeu. Désolé mais ça ne présente aucun intérêt.

(Bien vous en avez la totale liberté, merci pour votre franchise)











Une fois que j'aurais tout lu Freak's Squeel, nous en reparlerons sur BAZAR COMICS. Merci encore à Florent Maudoux pour sa patience sa gentillesse, sa franchise. 



Liens: 




Ichigo Samuru


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